Chaque année, des milliers de patients bruxellois quittent l'hôpital après une intervention chirurgicale avec une question en tête : faut-il vraiment y retourner pour faire retirer ses fils ou ses agrafes ? La réponse est non — à condition de respecter certaines conditions précises. Pourtant, beaucoup de patients ignorent qu'un infirmier à domicile est pleinement habilité à réaliser ce soin, ce qui engendre des déplacements inutiles et une surcharge des consultations hospitalières. Chez FC Care, Christian Feukou accompagne quotidiennement des patients en convalescence à Berchem-Sainte-Agathe et dans les communes voisines, notamment pour l'ablation de fils et agrafes à domicile dans des conditions rigoureuses de sécurité. Voici tout ce que vous devez savoir pour anticiper sereinement cette étape de votre rétablissement.
La question revient souvent : un infirmier a-t-il vraiment le droit de procéder à l'ablation des fils ou agrafes à domicile, sans la présence d'un médecin ? En Belgique, la réponse est claire et encadrée par la loi. L'arrêté royal du 18 juin 1990, modifié par l'arrêté royal du 6 juin 1997, inscrit explicitement « l'enlèvement de matériels de suture cutanée, de mèches et de drains et de cathéters cutanés » dans la liste des actes pouvant être confiés par un médecin à un praticien de l'art infirmier.
Attention toutefois : ce soin ne peut être réalisé que par un infirmier responsable de soins généraux (IRSG). Les aides-soignants, les auxiliaires de vie, les aidants qualifiés — créés par la loi du 11 juin 2023 — et même les assistants en soins infirmiers introduits par la loi du 18 mai 2024 ne sont pas autorisés à effectuer cet acte de manière autonome. Il s'agit d'un geste stérile, classé B2 dans la nomenclature INAMI, qui requiert une formation infirmière complète, une maîtrise des règles d'asepsie et une évaluation clinique préalable.
D'ailleurs, la loi belge impose à l'infirmier une obligation essentielle : avant d'agir, il doit apprécier si les conditions sont réunies. Si la cicatrice présente un problème ou si un doute persiste, il est tenu d'en avertir le médecin et de ne pas procéder au retrait. Cette obligation d'évaluation, inscrite à l'article 4bis de l'A.R. du 18 juin 1990, protège directement le patient. Ce même arrêté royal (art. 3) impose également à l'infirmier de constituer et tenir à jour un dossier infirmier pour chaque patient. Ce dossier, qui ne peut être établi que par un praticien de l'art infirmier, sert de preuve — en cas de contrôle INAMI — que le soin a été réalisé conformément aux prescriptions. Pour le patient, l'existence de ce dossier constitue une garantie de traçabilité et de sécurité : en cas de complication postopératoire, l'infirmier dispose d'un historique complet des soins de plaies à domicile réalisés.
À noter : depuis le 1er décembre 2022, l'INAMI a adapté la classification des soins de plaie à domicile en 5 types distincts. L'ablation de fils ou d'agrafes reste un acte B2 distinct des soins de plaie proprement dits, et ne peut pas être fusionné avec un soin de plaie simple dans la facturation. Concrètement, si un patient présente une plaie chirurgicale nécessitant à la fois un pansement et le retrait des sutures, les deux actes doivent être codifiés séparément auprès de la mutualité.
L'ablation de fils ou d'agrafes est un acte de catégorie B2 selon la nomenclature INAMI : cela signifie qu'une prescription médicale est obligatoire, tant pour réaliser le soin que pour obtenir son remboursement par la mutuelle. Sans cette ordonnance, l'infirmier ne peut tout simplement pas intervenir.
La prescription doit mentionner plusieurs éléments précis : le type d'ablation — totale ou progressive, c'est-à-dire « 1 point sur 2 » —, le délai exprimé en jours postopératoires (par exemple « ablation des 12 agrafes à J+14 »), le nombre de fils ou d'agrafes à retirer, l'identification complète du médecin prescripteur incluant son numéro INAMI, la date de rédaction de l'ordonnance, ainsi que le nom du patient et la signature du médecin. Si l'un de ces éléments fait défaut, la mutualité peut refuser le remboursement. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, c'est l'infirmier — et non le médecin prescripteur — qui en supporte les conséquences lors d'un contrôle INAMI.
Autre point méconnu : depuis l'arrêté royal du 10 janvier 2021 (M.B. 19 février 2021), un dentiste peut également prescrire une ablation de fils à un infirmier à domicile, mais uniquement dans les limites de ses compétences — par exemple après une extraction dentaire ou une chirurgie buccale. Cette prescription est valide pour le remboursement INAMI au même titre qu'une prescription médicale classique. Un patient qui sort d'une chirurgie maxillo-faciale ou dentaire n'a donc pas besoin de consulter un médecin généraliste pour obtenir son ordonnance d'ablation.
Le conseil est simple : demandez votre ordonnance dès la sortie de l'hôpital, que vous sortiez d'un service chirurgical classique ou d'un cabinet de chirurgie dentaire. Si le service a omis de la remettre, contactez votre médecin traitant (ou votre dentiste, le cas échéant) dès le lendemain. Une mention vague comme « jusqu'à guérison » n'est pas admise par l'INAMI.
À noter : une réforme INAMI validée par le Comité des assurances est prévue à partir de septembre 2025 : les infirmiers libéraux à domicile n'auront plus besoin d'une ordonnance distincte pour de nombreux actes techniques courants. Toutefois, à ce stade (mai 2025), l'ablation de fils et agrafes demeure un acte B2 nécessitant obligatoirement une prescription médicale. N'anticipez pas cette évolution : tant qu'elle n'est pas en vigueur, munissez-vous toujours de votre ordonnance.
Le moment du retrait n'est jamais laissé au hasard. Les délais d'ablation varient considérablement selon la zone opérée : de J+5 à J+7 pour le visage ou les paupières, où la vascularisation favorise une cicatrisation rapide, jusqu'à J+14 voire J+21 pour le dos ou les zones soumises à forte tension mécanique comme l'abdomen ou les membres inférieurs. Par exemple, après une prothèse de genou, le chirurgien prescrira souvent un retrait à J+14 ou J+15, tandis qu'une suture au cuir chevelu sera retirée entre J+5 et J+10. Ces délais sont toutefois valables pour un patient sans comorbidité. Chez un patient diabétique, immunodéprimé ou sous corticothérapie prolongée, la cicatrisation est ralentie et le chirurgien prescrit des délais majorés. L'infirmier doit toujours se référer à la prescription médicale plutôt qu'aux délais standards, car un retrait au délai habituel chez un patient diabétique peut suffire à provoquer une déhiscence.
Le jour du rendez-vous, l'infirmier ne se contente pas de vérifier la date. Il évalue systématiquement trois critères cliniques avant de procéder :
Si l'une de ces conditions n'est pas remplie, l'infirmier contacte immédiatement le médecin et reporte le soin. C'est pourquoi il est essentiel de signaler sans attendre tout signe d'alerte — douleur croissante, écoulement jaune ou verdâtre, fièvre supérieure à 38 °C, écartement visible des berges — avant même votre rendez-vous.
Conseil : dans le cadre d'une chirurgie orthopédique (prothèse de hanche, de genou, intervention sur l'épaule), l'infirmier à domicile ne se limite pas à la seule ablation des agrafes : il surveille simultanément deux risques postopératoires majeurs. Le risque thromboembolique d'abord — une douleur ou une tension dans le mollet peut signaler une phlébite et impose un contact médical immédiat. Le risque infectieux ensuite — toute cicatrice qui coule ou rougit de façon croissante nécessite une réaction sans délai. Ce suivi global, au-delà de l'ablation proprement dite, constitue une raison supplémentaire de contacter un infirmier à domicile dès J+0 plutôt que d'attendre la date d'ablation.
L'infirmier commence par vérifier la prescription, puis installe le patient confortablement. Il prépare un espace propre et bien éclairé — une lampe d'appoint peut s'avérer nécessaire si la cicatrice se situe au niveau du dos ou d'une zone difficile d'accès. Le matériel utilisé est entièrement stérile et à usage unique : set d'ablation comprenant pince et ciseaux, compresses stériles, solution de NaCl 0,9 % ou antiseptique selon les indications, champ stérile impénétrable et sac pour déchets médicaux. L'ancien pansement est retiré avec des gants non stériles après hygiène rigoureuse des mains.
Conseil : le jour du rendez-vous, le patient peut nettoyer la zone périphérique à la cicatrice avec de l'eau et un savon doux, sans frotter directement la cicatrice. En revanche, il ne doit pas retirer lui-même son pansement avant l'arrivée de l'infirmier : le retrait prématuré expose la plaie à une contamination bactérienne dans les heures qui précèdent le soin stérile. Laissez l'infirmier s'en charger dans des conditions d'hygiène optimales.
Pour les fils non résorbables, l'infirmier coupe le brin au ras de la peau d'un côté du nœud, puis l'extrait par l'autre côté. Cette méthode a une raison précise : elle évite de faire passer la partie externe du fil — exposée à l'air et potentiellement contaminée — à travers le tissu cutané. Chaque brin est vérifié individuellement pour s'assurer qu'aucun fragment ne reste dans la peau.
Pour les agrafes chirurgicales, l'infirmier utilise une pince ôte-agrafes à usage unique, qu'il glisse sous chaque agrafe. Une pression contrôlée courbe l'agrafe et la dégage sans traction ni douleur excessive. Les agrafes de Michel nécessitent quant à elles une pince spécifique.
Lorsque le chirurgien prescrit une ablation progressive — par exemple sur une cicatrice abdominale ou après une intervention orthopédique —, seule une agrafe sur deux est retirée lors de la première séance. Les restantes sont ôtées deux à trois jours plus tard. Ce protocole progressif est particulièrement recommandé chez les patients obèses ou diabétiques, car les tensions mécaniques sur la peau sont plus importantes au niveau de l'abdomen et des membres inférieurs, et le risque de déhiscence après un retrait intégral en une seule séance est significativement plus élevé. Pensez à prévoir deux rendez-vous dès la planification.
Exemple concret : Walid Taghzouti, 58 ans, diabétique de type 2, rentre chez lui à Berchem-Sainte-Agathe après la pose d'une prothèse de genou gauche aux Cliniques universitaires Saint-Luc. Son chirurgien prescrit l'ablation de 18 agrafes à J+16 (soit deux jours de plus que le délai standard de J+14, en raison du diabète), en deux temps : 1 agrafe sur 2 lors de la première séance, puis les restantes à J+19. Christian Feukou, contacté dès J+0 par l'épouse de M. Taghzouti, planifie les deux passages. Lors de la première visite, il constate que les berges sont solides, sans rougeur ni écoulement, mais note une légère tension au mollet droit. Il procède au retrait de 9 agrafes, pose un pansement stérile, puis contacte immédiatement le médecin traitant pour signaler la tension au mollet — un écho-doppler réalisé le lendemain écarte heureusement une phlébite. À J+19, les 9 agrafes restantes sont retirées sans difficulté. Le dossier infirmier de M. Taghzouti, tenu à jour à chaque passage, documente l'ensemble des observations cliniques et des actes réalisés.
Une fois l'ablation terminée, l'infirmier procède à une nouvelle antisepsie de la zone si nécessaire, puis pose un pansement stérile de protection. En cas de légère désunion partielle des berges, des bandelettes adhésives type Stéristrip® peuvent être appliquées pour maintenir le rapprochement cutané.
Point capital : ne retirez jamais vous-même vos fils ou agrafes, même avec du matériel acheté en pharmacie. Un retrait maladroit expose à l'infection, à la déhiscence partielle, voire à l'inclusion d'un fragment de fil dans la peau — une complication bien plus contraignante que le soin initial.
Faire réaliser ce soin chez vous, c'est d'abord éviter un déplacement qui peut s'avérer éprouvant, surtout après une chirurgie lourde. Pour une personne âgée, un patient à mobilité réduite ou en convalescence après une prothèse de hanche, le simple trajet jusqu'à l'hôpital peut représenter une source de douleur, de fatigue et de stress. L'ablation de fils et agrafes à domicile supprime cette contrainte.
Du point de vue financier, le soin est remboursé par la mutuelle dès lors que la prescription est valide et que l'infirmier est conventionné INAMI. Grâce au système du tiers payant, l'infirmier facture directement la mutualité via la plateforme MyCareNet : vous ne payez que le ticket modérateur, voire rien si vous bénéficiez du statut BIM (Bénéficiaire de l'Intervention Majorée). Vérifiez lors de la prise de rendez-vous que votre infirmier est bien conventionné pour éviter toute avance de frais.
Au-delà du geste technique, l'infirmier à domicile joue un rôle éducatif essentiel. Il vous explique comment surveiller l'évolution de votre cicatrice, reconnaître les signes d'infection, et prendre soin de votre peau dans les mois qui suivent. Car la cicatrice continue d'évoluer pendant environ neuf mois : elle doit être hydratée et massée quotidiennement avec une crème ou une huile adaptée, par petits mouvements circulaires, pour prévenir les adhérences. Sachez également que des marques résiduelles correspondant aux points de pénétration des agrafes ou des fils peuvent persister plusieurs semaines après le retrait avant de s'atténuer progressivement : il s'agit d'un phénomène normal qui ne doit pas être confondu avec des signes d'infection. Et surtout, l'exposition solaire est formellement contre-indiquée pendant au moins douze mois — un écran solaire à indice 50 ou plus est indispensable, même derrière une vitre de voiture.
Dernier conseil, et non des moindres : contactez votre infirmier dès votre retour à domicile, à J+0 ou J+1, pour réserver le créneau correspondant au délai prescrit. Un retrait réalisé trop tardivement peut laisser des marques cutanées permanentes aux points de pénétration des fils ou des agrafes — une conséquence esthétique évitable avec un minimum d'anticipation.
Basé à Berchem-Sainte-Agathe, Christian Feukou — infirmier à domicile chez FC Care — assure chaque jour des soins postopératoires auprès de patients en convalescence dans toute la Région de Bruxelles-Capitale. Ablation de fils et d'agrafes, pansements complexes, suivi de cicatrisation : chaque intervention est réalisée avec du matériel stérile à usage unique, dans le respect strict des prescriptions médicales et de la nomenclature INAMI. Si vous rentrez prochainement de l'hôpital et que vous avez besoin d'un infirmier conventionné pour le retrait de vos sutures, n'hésitez pas à contacter FC Care dès votre retour à domicile afin de planifier votre prise en charge dans les meilleurs délais.