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Infirmier à domicile pour stomie : quels actes réalise-t-il concrètement à chaque visite ?

13/07/2026
Infirmier à domicile pour stomie : quels actes réalise-t-il concrètement à chaque visite ?
Que fait l'infirmier à domicile pour une stomie ? Actes précis, surveillance cutanée et coordination avec le stomathérapeute

Près de 50 % des patients stomisés développent des complications cutanées péristomiales, et plus de la moitié d'entre eux ne s'en rendent même pas compte, ce qui rend un suivi professionnel régulier absolument indispensable. En Belgique, le retour à domicile après la pose d'une stomie s'inscrit dans un parcours de soins structuré, encadré par la nomenclature INAMI et l'Arrêté Royal du 18 juin 1990. Pourtant, patients et proches aidants ignorent souvent ce que fait réellement l'infirmier à domicile pour une stomie, quels actes il pose à chaque passage, et si ces visites suffisent à couvrir l'ensemble des besoins. Chez FC Care, Christian Feukou, infirmier à domicile à Berchem-Sainte-Agathe, accompagne quotidiennement des patients stomisés dans leur environnement habituel, en assurant des soins rigoureux et une coordination étroite avec les autres professionnels de santé. Cet article répond concrètement aux questions les plus fréquentes sur le rôle exact de l'infirmier lors de chaque visite.

Ce qu'il faut retenir
  • À chaque visite, l'infirmier réalise un protocole complet : inspection visuelle de la stomie, nettoyage à l'eau du robinet, adaptation millimétrique de la découpe du support (3 à 5 mm au-delà du diamètre de la stomie) et pose de l'appareillage avec vérification de l'étanchéité.
  • Les soins à une stomie cicatrisée sont classés en actes B1 par l'INAMI : l'infirmier les réalise en autonomie complète, sans prescription médicale, et le patient ne paie que le ticket modérateur grâce au tiers payant via MyCareNet (voire rien avec le statut BIM).
  • Pendant les 3 premiers mois (« phase d'apprentissage » INAMI), les visites peuvent être quotidiennes ou pluriquotidiennes, et le budget de remboursement du matériel de stomie ouvert par la mutualité est significativement plus élevé qu'à partir du 4e mois.
  • L'infirmier à domicile ne remplace pas le stomathérapeute : il assure le suivi quotidien de première ligne et doit alerter le stomathérapeute ou le médecin en cas de complication (nécrose, désinsertion, abcès péristomial, lésion cutanée stagnante après 6 semaines).

Quels gestes techniques l'infirmier à domicile réalise-t-il à chaque passage pour votre stomie ?

Inspection et nettoyage : les premiers gestes incontournables

À chaque visite, l'infirmier suit un protocole précis. Il commence par une inspection visuelle de la stomie : celle-ci doit apparaître rouge et humide, signe d'une bonne vascularisation. Un léger saignement au toucher peut être normal, mais tout saignement persistant nécessite une évaluation approfondie. L'infirmier examine ensuite minutieusement la peau péristomiale — la zone cutanée qui entoure la stomie — à la recherche de rougeurs, de macérations, de lésions ou de signes d'allergie à l'appareillage. Pour en savoir plus sur la prise en charge proposée par FC Care, consultez notre page dédiée aux soins de stomie à domicile.

Vient ensuite le retrait de l'ancienne poche, suivi d'un nettoyage à l'eau du robinet, éventuellement accompagné d'un savon doux de type savon de Marseille. Le séchage s'effectue par tamponnement délicat, jamais par frottement. Point essentiel : les antiseptiques, l'alcool, l'éther et les parfums sont formellement contre-indiqués, car ils détruisent le film hydrolipidique protecteur de la peau et favorisent irritations et réactions allergiques.

Découpe du support et pose de l'appareillage : une précision millimétrique

L'infirmier procède alors à l'adaptation de la découpe du support protecteur. Ce geste requiert une précision millimétrique : la découpe doit excéder de 3 à 5 mm le diamètre réel de la stomie. Trop petite, elle comprime les tissus ; trop large, elle expose la peau aux effluents. Il est d'ailleurs recommandé de conserver physiquement le « patron de découpe » utilisé lors de chaque changement d'appareillage, afin de faciliter les poses suivantes et d'objectiver les variations de taille de la stomie. Durant les 4 à 6 premières semaines post-opératoires, la stomie évolue en taille et en forme, ce qui impose une réévaluation systématique du patron à chaque visite — c'est la période pendant laquelle la stomie évolue le plus rapidement. Enfin, l'infirmier pose le nouvel appareillage — système une pièce ou deux pièces selon le type de stomie — et vérifie soigneusement l'étanchéité du dispositif. En cas de fuite, il ne faut jamais tenter de colmater avec un sparadrap : le soin complet doit impérativement être refait intégralement pour éviter les lésions cutanées provoquées par le contact prolongé des effluents avec la peau.

Exemple concret : Mireille Vandenbroucke, 67 ans, résidente à Berchem-Sainte-Agathe, a été opérée d'une colostomie gauche en janvier. Lors des trois premières semaines suivant son retour à domicile, Christian Feukou, infirmier chez FC Care, a constaté à chaque visite que le diamètre de sa stomie diminuait progressivement — passant de 38 mm à 31 mm. Grâce à la conservation systématique du patron de découpe, il a pu ajuster précisément la taille du support protecteur à chaque passage, évitant ainsi toute exposition cutanée aux effluents. Sans ce suivi rigoureux, l'ancienne découpe de 38 mm aurait laissé près de 7 mm de peau exposée, un facteur de risque majeur d'irritation péristomiale.

Les actes de l'infirmier à domicile varient-ils selon le type de stomie ?

Colostomie gauche et colostomie droite : deux profils d'effluents distincts

Absolument. Chaque type de stomie présente des caractéristiques spécifiques qui conditionnent l'appareillage et la surveillance infirmière. Pour une colostomie gauche, les selles sont moulées. L'infirmier utilise une poche fermée équipée d'un filtre à charbon, et le support protecteur peut rester en place 2 à 3 jours sans nécessiter de changement.

La colostomie droite constitue un cas de figure distinct : les selles y sont pâteuses — ni moulées comme pour la colostomie gauche, ni liquides comme pour l'iléostomie. Cette consistance intermédiaire impose un choix d'appareillage adapté à chaque visite : poche vidangeable ou poche fermée selon la quantité et la consistance effective des effluents. L'infirmier ajuste sa surveillance spécifiquement en fonction de ces paramètres, qui peuvent varier d'un jour à l'autre selon l'alimentation et le transit du patient.

Iléostomie : un risque cutané particulièrement élevé

L'iléostomie, en revanche, représente un défi particulier. Les effluents sont liquides, très corrosifs — avec un débit pouvant atteindre 1 500 ml par 24 heures — et contiennent des enzymes digestives extrêmement agressives pour la peau péristomiale. L'infirmier emploie systématiquement une poche vidangeable, une pâte protectrice et un support renforcé. La surveillance cutanée est intensifiée à chaque visite : la moindre irritation doit être traitée immédiatement, car une peau rouge et humide ne permet plus une adhérence étanche du support, ce qui déclenche un cercle vicieux de fuites et de lésions aggravées.

Urostomie : la vigilance face aux dépôts phosphocalciques

Quant à l'urostomie, le risque spécifique concerne les dépôts phosphocalciques. Lorsque le pH urinaire devient trop alcalin, la peau péristomiale prend un aspect grisâtre, épaissi et douloureux. L'infirmier applique alors un mélange d'eau et de vinaigre blanc à parts égales pendant dix minutes lors de chaque changement de support, réalise un prélèvement ECBU pour écarter une infection urinaire, et prodigue des conseils hygiéno-diététiques visant à acidifier les urines.

À noter : Quel que soit le type de stomie, le stomathérapeute assure typiquement une première consultation de suivi ambulatoire à la fin des deux premières semaines suivant le retour à domicile du patient, puis selon l'évolution clinique. Ce n'est qu'à partir de ce rendez-vous que l'appareillage définitif est confirmé ou modifié. Jusqu'à cette consultation, l'infirmier à domicile doit adapter ses découpes et ses choix de matériel en fonction de l'évolution observée au quotidien, en conservant une communication étroite avec le stomathérapeute.

Quels signaux d'alerte l'infirmier surveille-t-il pour votre stomie à domicile ?

Au-delà des gestes techniques, l'infirmier à domicile exerce une mission de vigilance clinique essentielle. À chaque passage, il recherche activement des signes de complication, même en l'absence de plainte du patient — rappelons que 56 % des patients présentant des affections cutanées sévères déclarent ne souffrir d'aucun problème. Parmi les situations nécessitant une alerte immédiate au médecin traitant ou au chirurgien :

  • Hémorragie persistante, pouvant indiquer un trouble de l'hémostase ou un surdosage en anticoagulants
  • Nécrose de la stomie (coloration noirâtre), signe d'une mauvaise vascularisation nécessitant une intervention chirurgicale urgente
  • Désinsertion stomiale, c'est-à-dire un décollage progressif de la stomie par rapport à la paroi abdominale
  • Abcès péristomial, avec surveillance des constantes vitales pour prévenir tout risque de choc septique

Si une lésion cutanée péristomiale stagne ou s'aggrave malgré l'ajustement de l'appareillage, l'infirmier a l'obligation de transmettre le dossier au stomathérapeute. Plus précisément, si après 6 semaines de soins une plaie péristomiale stagne ou se détériore, l'avis d'un infirmier-relais en soins de plaies doit obligatoirement être sollicité et consigné dans le dossier infirmier. Cette formation d'infirmier-relais, reconnue par l'INAMI, comprend 10 modules de 4 heures couvrant spécifiquement les stomies (colostomie, iléostomie, urostomie), validée sur base de présences et d'un travail d'analyse clinique individuel. En Wallonie, une aide régionale via les Chèques-formation pouvant aller jusqu'à 600 € peut être octroyée pour financer cette formation. Par ailleurs, la nomenclature INAMI impose de photographier la stomie ou la plaie dès le premier changement, puis au minimum tous les 14 jours, et de verser ces clichés dans le dossier infirmier électronique via les plateformes sécurisées belges (hub RSW, RSB ou Vitalink).

À noter : En cas d'hospitalisation du patient en cours de traitement d'une plaie péristomiale, le retour à domicile équivaut à une reprise complète des délais réglementaires : l'infirmier doit re-notifier le médecin traitant dans les 5 jours suivant la première séance post-hospitalisation, et la période de 6 semaines avant consultation obligatoire de l'infirmier-relais recommence intégralement à zéro.

L'infirmier à domicile peut-il remplacer le stomathérapeute ?

Deux professionnels complémentaires aux missions distinctes

La confusion est fréquente, mais la réponse est claire : l'infirmier à domicile ne remplace pas le stomathérapeute. Ce dernier est un infirmier de deuxième ligne, titulaire d'un Certificat d'Université en stomathérapie et soins de plaies (délivré par exemple par l'UCLouvain ou l'ULB). C'est lui qui réalise le marquage préopératoire — dessiner sur l'abdomen l'emplacement idéal de la future stomie en fonction de la morphologie du patient —, prescrit l'appareillage adapté et assure les consultations de suivi complexes.

L'infirmier à domicile, professionnel de première ligne, prend le relais après la sortie d'hospitalisation. Il assure le suivi quotidien ou plurihebdomadaire, réalise les actes techniques de stomie, poursuit l'éducation thérapeutique initiée à l'hôpital et surveille les complications. Contrairement à l'infirmier hospitalier, il intervient seul au domicile, sans accès direct aux ressources médicales spécialisées. C'est ce qui fait de lui le véritable « radar à problèmes » du patient au quotidien : il doit évaluer, décider et alerter avec les moyens disponibles sur place.

Conseil : En Belgique, les associations de patients stomisés — notamment Stoma-Ilco Wallonie-Bruxelles — collaborent avec les stomathérapeutes pour assurer un soutien psychologique par les pairs, complémentaire au suivi infirmier et médical. L'infirmier à domicile peut orienter les proches aidants vers ces associations dès les premières semaines, en particulier lorsque l'acceptation de la stomie reste difficile. N'hésitez pas à demander à votre infirmier s'il estime qu'un tel accompagnement serait bénéfique dans votre situation.

Comment la coordination s'organise-t-elle entre l'infirmier et les autres professionnels ?

En Belgique, la coordination est encadrée par des obligations réglementaires strictes. L'infirmier doit signaler le début des soins au médecin traitant dans les 5 jours suivant la première séance, via une communication sécurisée et vérifiable — une notification orale ou non datée ne satisfait pas aux conditions de remboursement INAMI.

Au quotidien, l'infirmier coordonne ses interventions avec le médecin traitant, le stomathérapeute hospitalier, les aides-soignants et le technologue orthopédique ou pharmacien-bandagiste. Le carnet du patient INAMI — délivré par la mutualité au moment de l'ouverture du portefeuille virtuel de remboursement du matériel de stomie — sert d'outil de communication partagé entre tous ces intervenants, assurant la traçabilité et la cohérence du parcours de soins. Ce carnet est principalement rempli par le technologue orthopédique ou le pharmacien-bandagiste à chaque délivrance de matériel, mais tous les dispensateurs de soins concernés, dont l'infirmier à domicile, peuvent y ajouter des observations cliniques pour renforcer la cohérence interprofessionnelle du suivi.

Continuité des soins et délégation encadrée

Les prestations infirmières à domicile en Belgique sont organisées par listes de soins, chacune placée sous la responsabilité d'un infirmier titulaire identifié. En cas d'absence de celui-ci (week-end, congé), d'autres infirmiers du même service peuvent assurer les passages, ce qui garantit la continuité des soins sans interruption — un avantage décisif par rapport à une prise en charge par un praticien isolé.

Par ailleurs, pour les patients relevant des forfaits C (dépendance lourde) et des soins palliatifs, l'infirmier à domicile peut déléguer certains actes de stomie à un aide-soignant, à la condition stricte de réaliser lui-même au moins une visite de contrôle quotidienne. Cette délégation ne s'applique toutefois pas aux patients en phase d'apprentissage ni aux stomies avec complication cutanée active, pour lesquels l'intervention directe de l'infirmier reste indispensable à chaque passage.

Fréquence des visites, cadre légal et remboursement : ce qu'il faut savoir en Belgique

Phase d'apprentissage : un suivi intensif les 3 premiers mois

La fréquence des visites de l'infirmier à domicile pour une stomie varie selon la phase de prise en charge. Pendant les 3 premiers mois — qualifiés de « phase d'apprentissage » par l'INAMI —, les passages peuvent être quotidiens, voire pluriquotidiens, notamment pour les iléostomies où le risque cutané élevé justifie une surveillance rapprochée. Durant cette phase, le budget de remboursement du matériel de stomie ouvert par la mutualité est significativement plus élevé qu'à partir du 4e mois : ce budget renforcé couvre une plus grande quantité de poches, supports et accessoires pour accompagner la période de tâtonnement dans l'appareillage, où plusieurs essais sont souvent nécessaires avant de trouver le dispositif le mieux adapté. À partir du quatrième mois (phase de suivi stable), la fréquence des visites diminue progressivement à mesure que le patient ou son proche aidant gagne en autonomie, et le budget matériel se stabilise en conséquence.

Cadre légal et remboursement : une prise en charge largement couverte

Sur le plan légal, les soins à une stomie cicatrisée sont classés en actes B1, ce qui signifie que l'infirmier les réalise en autonomie complète, sans prescription médicale. Depuis novembre 2025, la réforme de l'Article 8 de la nomenclature INAMI a encore renforcé cette autonomie décisionnelle en supprimant l'obligation de prescription distincte pour de nombreux actes techniques courants.

Côté finances, le système du tiers payant via MyCareNet permet au patient de ne payer que le ticket modérateur — voire rien du tout avec le statut BIM (bénéficiaire de l'intervention majorée). Pour le matériel de stomie, la mutualité ouvre un portefeuille virtuel avec un budget renforcé pendant la phase d'apprentissage, qui se stabilise ensuite à partir du quatrième mois. Enfin, en cas d'urgence, les services de soins infirmiers à domicile belges disposent d'une permanence téléphonique accessible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Conseil : Pensez à vérifier auprès de votre mutualité le montant exact de votre portefeuille virtuel de remboursement et les conditions de passage au budget stabilisé à partir du 4e mois. Les montants varient selon les organismes assureurs, et certaines mutuelles proposent des compléments via leur assurance complémentaire. Votre infirmier à domicile ou votre pharmacien-bandagiste peuvent vous aider à y voir clair.

Si vous résidez à Berchem-Sainte-Agathe ou dans les communes voisines de Bruxelles et que vous avez besoin d'un suivi infirmier à domicile pour une stomie, FC Care est à votre disposition. Christian Feukou propose un accompagnement personnalisé, alliant rigueur technique et proximité humaine, en coordination étroite avec votre médecin traitant et votre stomathérapeute. N'hésitez pas à contacter FC Care pour organiser une prise en charge adaptée à votre situation et bénéficier d'un suivi professionnel rassurant, directement chez vous.