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Que fait concrètement un infirmier lors d'une visite de soins palliatifs à domicile ?

19/06/2026
Que fait concrètement un infirmier lors d'une visite de soins palliatifs à domicile ?
Première visite, soins quotidiens, coordination : découvrez le rôle complet d'un infirmier palliatif à domicile

En Belgique, près de deux tiers des patients en fin de vie souhaitent mourir chez eux. Pourtant, seul un sur trois y parvient réellement — souvent parce que les familles ignorent ce que la prise en charge à domicile implique au quotidien. Le rôle de l'infirmier en soins palliatifs à domicile dépasse largement les gestes techniques : il est à la fois soignant, coordinateur, accompagnant émotionnel et garant administratif. Chez FC Care, à Bruxelles, Christian Feukou accompagne chaque jour des patients et leurs proches dans cette réalité exigeante. Selon les données BHG Care, 82 % des médecins généralistes belges constatent une amélioration significative de la qualité de vie grâce aux soins palliatifs à domicile — mais environ 1 patient palliatif sur 3 finit hospitalisé dans les dernières semaines de vie faute d'une organisation adaptée. Cet article vous guide, étape par étape, à travers le déroulement concret de chaque visite, de la première évaluation au suivi quotidien.

Ce qu'il faut retenir

  • Tout infirmier pratiquant des soins palliatifs en Belgique doit détenir une qualification professionnelle particulière obtenue après une formation obligatoire d'au moins 84 heures (Arrêté Ministériel du 8 juillet 2013).
  • Le forfait palliatif belge de 827,99 € (renouvelable une fois) couvre une période de 30 jours et doit impérativement être réceptionné par la mutualité avant le décès du patient, sous peine de perte définitive du droit au remboursement.
  • Les soins palliatifs à domicile ne concernent pas uniquement les patients cancéreux : en 2024, 54 % des patients souffrent de cancers, 26,8 % de polypathologies et 8,1 % de maladies neurologiques graves (Source : BHG Care).
  • À Bruxelles, trois équipes de soutien de 2e ligne (Continuing Care, Interface, Sémiramis) interviennent gratuitement 24h/24 et 7j/7 — y compris pour les patients ne disposant pas encore du statut palliatif officiel.

1 - La première visite à domicile : bien plus qu'un simple examen clinique

Une évaluation globale du patient et de son environnement

La première visite d'un infirmier palliatif à domicile dure généralement entre 30 minutes et 1h30. Elle ne se résume jamais à un rapide bilan médical. Son objectif est de poser les bases d'une relation de soins fondée sur la confiance, en procédant à une évaluation multidimensionnelle du patient : histoire de vie, niveau de dépendance pour les activités quotidiennes, symptômes physiques et psychiques, mais aussi besoins sociaux, spirituels et environnementaux. Il faut noter que les patients palliatifs à domicile en Belgique présentent des profils variés : en 2024, selon BHG Care, 54 % souffrent de cancers, 26,8 % de polypathologies et 8,1 % de maladies neurologiques graves — les soins palliatifs à domicile s'adressent donc à toute personne atteinte d'une maladie grave, évolutive et mettant en péril le pronostic vital.

Cette approche s'appuie sur le concept de « total pain » développé par Cicely Saunders, selon lequel la douleur intègre des dimensions physique, psychologique, sociale et spirituelle. L'infirmier vérifie également l'existence de directives anticipées et d'un projet de soins anticipé (ACP), une démarche remboursée depuis novembre 2022 à hauteur de 93,14 €, qui permet de formaliser les souhaits du patient tant qu'il peut les exprimer clairement. En Belgique, deux outils concrets encadrent cette formalisation : le PSPA (outil ACP belge de référence) et les modèles de déclaration ACP publiés par le LEIF (LevensEinde InformatieForum). L'infirmier veille à ce que le document complété soit présent dans le dossier de soins au domicile et actualisé à chaque passage en fonction de l'évolution de l'état du patient.

Concrètement, l'infirmier analyse aussi l'environnement de vie : accessibilité du logement, sécurité des déplacements, matériel disponible. Imaginez un appartement au troisième étage sans ascenseur, avec une salle de bain exiguë — ces détails influencent directement l'organisation des soins et le choix du matériel médical à prévoir.

À noter : Tout infirmier pratiquant des soins palliatifs en Belgique doit être titulaire de la qualification professionnelle particulière d'infirmier en soins palliatifs, obtenue après une formation obligatoire d'au moins 84 heures (Arrêté Ministériel du 8 juillet 2013). Cette formation couvre la gestion de la douleur, l'accompagnement des familles, la problématique du deuil, le travail interdisciplinaire et la posture éthique. Une formation continuée de 73 heures existe également pour maintenir cette qualification à jour. C'est cette exigence de formation qui garantit aux familles un niveau d'expertise adapté à la complexité des situations rencontrées.

Les démarches administratives indispensables dès le premier jour

Avant même de prodiguer le premier soin, l'infirmier doit vérifier auprès de la mutualité que le patient dispose du statut palliatif. Ce statut, soumis à sept conditions strictes — dont une espérance de vie inférieure à trois mois, l'intention de mourir à domicile et l'absence d'hospitalisation au moment de la demande —, ouvre l'accès au forfait palliatif belge de 827,99 €, renouvelable une fois, qui couvre médicaments, matériel et dispositifs médicaux. Ce forfait couvre une période de 30 jours à compter de la date d'envoi du formulaire (le cachet de la poste faisant foi), et la demande doit impérativement être réceptionnée par la mutualité avant le décès du patient : tout envoi tardif entraîne une perte définitive du droit au remboursement pour cette période. Le ticket modérateur est alors supprimé pour le patient.

L'infirmier notifie obligatoirement la mutualité dans les dix jours suivant le début des soins, via la plateforme MyCareNet, en transmettant le formulaire « Notification de soins infirmiers pour un patient palliatif ». Sans cette démarche dans les délais, le remboursement des soins peut être compromis. En parallèle, il rassemble les documents essentiels : carte d'identité, vignettes de mutuelle, ordonnances récentes et lettre de liaison hospitalière.

C'est aussi à ce moment qu'un infirmier référent unique est désigné pour garantir la continuité du suivi, et que la fréquence des passages est définie avec le patient et ses proches — jusqu'à trois fois par jour selon les besoins, avec une garde téléphonique assurée 24h/24 et 7j/7 entre les visites planifiées.

Exemple concret : Mme Verheyden, 71 ans, atteinte d'un cancer du pancréas métastatique, est rentrée chez elle à Berchem-Sainte-Agathe après trois semaines d'hospitalisation. Lors de la première visite, l'infirmier constate que la patiente vit au rez-de-chaussée avec son mari Fernand, 74 ans, seul aidant au quotidien. Le projet de soins anticipé est formalisé le jour même à l'aide du PSPA, et le formulaire de demande de forfait palliatif est envoyé par recommandé le lendemain. Résultat : le statut est validé sous cinq jours, le forfait de 827,99 € activé, et les premiers soins techniques — pose d'une perfusion sous-cutanée d'antalgiques — débutent dès le troisième jour. Sans cette anticipation administrative, le remboursement aurait pu être compromis.

2 - À chaque passage : soins techniques, évaluation de la douleur et soutien humain

Le rôle infirmier en soins palliatifs à domicile se déploie pleinement lors des visites quotidiennes. Chaque passage débute par les soins d'hygiène et de confort : toilette complète, soins de bouche, repositionnement du patient toutes les deux à trois heures pour prévenir les escarres, surveillance de l'état cutané. L'infirmier administre ensuite les traitements : injections sous-cutanées ou intramusculaires, ajustement des antalgiques en lien avec le médecin traitant, pose et surveillance de perfusions.

Lorsqu'une hydratation sous-cutanée — appelée hypodermoclyse — est nécessaire, l'infirmier respecte des paramètres stricts : osmolarité maximale de 900 mOsm/L, débit ne dépassant pas 125 ml/h, et conservation du même point de ponction pendant cinq à sept jours maximum. Il vérifie également la présence à domicile d'une trousse d'urgence médicamenteuse contenant morphine, Primpéran, Haldol et Hypnovel, accompagnée d'ordonnances d'anticipation rédigées par le médecin traitant pour gérer rapidement une crise sans attendre une nouvelle consultation. Les patients palliatifs bénéficiant du statut palliatif peuvent aussi être pris en charge pour une oxygénothérapie de courte durée en cas d'hypoxémie, remboursée par l'INAMI : ce dispositif, prescrit par le médecin traitant et coordonné par l'infirmier, permet de gérer à domicile des symptômes respiratoires qui conduisent fréquemment à une hospitalisation non souhaitée.

En Belgique, le cadre réglementaire de l'Arrêté Royal du 18 juin 1990 classe ces actes en trois catégories : les actes B1, que l'infirmier réalise en autonomie totale, les actes B2 nécessitant une prescription médicale, et les actes C relevant d'une délégation médicale formelle.

L'évaluation systématique de la douleur : un protocole rigoureux à chaque visite

À chaque passage, l'infirmier évalue la douleur du patient à l'aide d'outils standardisés. Pour les patients capables de communiquer, il utilise l'Échelle Visuelle Analogique (EVA), l'Échelle Numérique de 0 à 10, ou l'Échelle Verbale Simple. Pour les patients non communicants — par exemple une personne atteinte de démence avancée — il recourt aux outils Doloplus 2, ECPA ou ALGOPLUS. Un principe fondamental s'impose : le même outil doit être utilisé systématiquement par l'ensemble de l'équipe soignante pour un même patient, car alterner les échelles fausserait le suivi et pourrait conduire à un sous-traitement.

L'outil ESAS (Échelle d'Évaluation des Symptômes d'Edmonton) complète cette évaluation en couvrant simultanément nausées, anxiété, fatigue et anorexie. La démarche palliative repose structurellement sur une anticipation active des symptômes, et pas uniquement sur leur traitement une fois déclarés : au-delà de la constipation induite par les opiacés (pour laquelle un laxatif osmotique ou stimulant est systématiquement mis en place — les laxatifs de lest étant à éviter car ils peuvent aggraver l'inconfort), l'infirmier anticipe à chaque visite l'apparition ou la réapparition de nausées, d'agitation, de détresse respiratoire et de douleurs irruptives, en lien avec le médecin traitant et en utilisant les médicaments de la trousse d'urgence sans attendre une consultation médicale supplémentaire. L'outil Pallia 10 permet ensuite une réévaluation régulière : tout changement significatif déclenche un ajustement immédiat de la prise en charge.

Accompagner le patient et ses proches au-delà du soin technique

Le soutien émotionnel fait partie intégrante du rôle de l'infirmier en soins palliatifs à domicile. À chaque visite, il respecte la dignité du patient et l'expression de ses choix. Il informe les proches — avec l'accord du patient — sur l'évolution de la maladie, les complications attendues et les traitements en cours.

L'infirmier forme aussi les aidants aux gestes de confort essentiels :

  • Mobilisation douce et changements de position réguliers pour prévenir les escarres
  • Soins de bouche et surveillance de l'état cutané
  • Utilisation du pousse-seringue pour l'administration continue de médicaments
  • Repérage des signes d'alerte nécessitant un appel à l'infirmier de garde

Cette formation réduit considérablement l'angoisse des familles. Selon une étude publiée dans PMC en 2020, les besoins informationnels, émotionnels et psychosociaux des aidants proches restent souvent insuffisamment satisfaits. L'infirmier identifie les signaux d'épuisement chez les aidants et les oriente vers des ressources concrètes : bénévoles formés, centres palliatifs de jour comme TOPAZ à Wemmel, association « Aidants proches », ou encore congés rémunérés belges pour proches aidants. Les proches qui souhaitent interrompre ou réduire leur activité professionnelle pour accompagner un parent en phase palliative ou terminale à domicile peuvent bénéficier en Belgique de ces congés spécifiques — une information que l'infirmier doit systématiquement mentionner lors de ses passages, car elle conditionne directement la capacité de la famille à assurer la continuité des soins entre les visites infirmières. Ce soutien peut d'ailleurs se prolonger après le décès, dans l'accompagnement du deuil.

Conseil : Pour les familles accompagnant un enfant en fin de vie, des équipes de liaison pédiatriques spécialisées garantissent la continuité des soins palliatifs de l'hôpital au domicile pour les enfants de 0 à 18 ans et leur famille, joignables 24h/24 et 7j/7, gratuitement (Source : brusano.brussels). L'infirmier à domicile peut s'appuyer sur ces équipes pour toute situation pédiatrique complexe. N'hésitez pas à demander à votre infirmier référent de prendre contact avec ces équipes dès le retour à domicile de l'enfant.

3 - Coordination pluridisciplinaire et traçabilité : le socle invisible de la prise en charge

L'infirmier référent centralise les informations et assure la liaison entre le médecin traitant, le kinésithérapeute, le psychologue, l'aide familiale et les équipes spécialisées. Le médecin généraliste reste le garant du projet thérapeutique : il est le seul habilité à remplir la demande de forfait palliatif et à prescrire les traitements. Mais c'est l'infirmier qui, présent quotidiennement au chevet du patient, détecte les évolutions et transmet les alertes.

À Bruxelles, trois équipes de soutien spécialisées de 2e ligne — Continuing Care, Interface et Sémiramis — sont joignables 24h/24 et 7j/7, interviennent gratuitement et apportent leur expertise sur la gestion de la douleur ou la mise en place de dispositifs spécialisés. Tout patient en soins palliatifs, qu'il dispose ou non du statut palliatif officiel, peut accéder à ce soutien sur la base d'une simple attestation du médecin généraliste, sous réserve de certains critères cliniques. Ces équipes interviennent à la fois directement auprès du patient et indirectement auprès des infirmiers de 1re ligne pour leur apporter des conseils spécialisés. L'infirmier ne doit pas attendre une crise pour les solliciter : leur intervention préventive améliore significativement le confort du patient. Un cahier de liaison physique, conservé au domicile et complété à chaque passage par tous les intervenants, garantit une communication fluide.

Le dossier infirmier : une obligation légale qui protège chacun

Le Règlement INAMI du 28 juillet 2003 impose la tenue d'un dossier infirmier spécifique pour chaque patient palliatif. Dès la première visite, ce dossier consigne l'évaluation initiale, le score de douleur, les traitements en cours, les pseudo-codes INAMI et les volontés anticipées. À chaque passage, l'infirmier y ajoute l'évolution des symptômes, les actes réalisés et les résultats des concertations pluridisciplinaires.

Les prescriptions médicales doivent être conservées cinq ans minimum. L'ensemble des notifications administratives transite via MyCareNet. Ce dossier constitue un document légalement opposable : sa rigueur protège le patient, ses proches et l'infirmier. Un rapport de relais, complété par chaque soignant à chaque visite, assure la continuité entre collègues — car dans la pratique, le patient est suivi par trois à quatre infirmiers maximum, sous la responsabilité du référent.

À noter : La qualité de l'organisation infirmière conditionne directement la réussite du maintien à domicile. Selon les données BHG Care, environ 1 patient palliatif sur 3 finit hospitalisé dans les dernières semaines de vie faute d'une organisation adaptée à domicile. Une coordination rigoureuse — tenue du dossier, anticipation des symptômes, liaison avec les équipes de 2e ligne — réduit considérablement ce risque d'hospitalisation non souhaitée.

Le maintien à domicile en fin de vie est un choix profondément humain, mais il exige une organisation rigoureuse et un accompagnement professionnel de chaque instant. Chez FC Care, Christian Feukou met son expertise d'infirmier à domicile au service des patients de Bruxelles, en offrant une prise en charge personnalisée, coordonnée et disponible 24h/24. Si vous ou l'un de vos proches envisagez des soins palliatifs à domicile, n'hésitez pas à contacter FC Care pour bénéficier d'un accompagnement adapté, humain et sécurisant, directement chez vous.